Le mandat de dépôt à effet différé

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Si la loi du 23 mars 2019 (LOI n°2019-222 du 23 mars 2019) a créé le sursis probatoire reprenant les codes du sursis avec mise à l’épreuve précédent, une nouvelle possibilité a été offerte au tribunal correctionnel à l’article 464-2 du Code de procédure pénale : prononcer un mandat de dépôt à effet différé.

Ledit article dispose :

« I.-Lorsque la durée totale de l’emprisonnement ferme prononcé, y compris en tenant compte le cas échéant de la révocation de sursis, est inférieure ou égale à un an, le tribunal correctionnel doit :

1° Soit ordonner que l’emprisonnement sera exécuté sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique, de la semi-liberté ou du placement à l’extérieur, selon des modalités déterminées par le juge de l’application des peines ;

2° Soit, s’il ne dispose pas des éléments lui permettant de déterminer la mesure d’aménagement adaptée, ordonner que le condamné soit convoqué devant le juge de l’application des peines et le service pénitentiaire d’insertion et de probation conformément aux dispositions de l’article 474, afin que puisse être prononcé une mesure mentionnée au 1° du présent I conformément à l’article 723-15 ;

3° Soit, si l’emprisonnement est d’au moins six mois, décerner un mandat de dépôt à effet différé, en ordonnant que le condamné soit convoqué dans un délai qui ne saurait excéder un mois devant le procureur de la République afin que ce dernier fixe la date à laquelle il sera incarcéré dans un établissement pénitentiaire ; le procureur de la République peut également donner connaissance au condamné de la date d’incarcération à l’issue de l’audience. Dans ce cas, il n’est pas fait application des articles 723-15 et suivants ;

4° Soit, dans les cas prévus aux articles 397-4,465 et 465-1, décerner mandat de dépôt ou mandat d’arrêt contre le condamné.

Dans les cas prévus aux 3° et 4° du présent I, le tribunal doit spécialement motiver sa décision, au regard des faits de l’espèce et de la personnalité de leur auteur ainsi que de sa situation matérielle, familiale et sociale, afin de justifier les raisons pour lesquelles il estime devoir prononcer une peine d’emprisonnement sans sursis et celles pour lesquelles il considère que cette peine ne peut être aménagée.

II.-Lorsque la durée totale de l’emprisonnement ferme prononcé, y compris en tenant compte le cas échéant de la révocation de sursis, est supérieure à un an, le tribunal correctionnel doit spécialement motiver sa décision, au regard des faits de l’espèce et de la personnalité de leur auteur ainsi que de sa situation matérielle, familiale et sociale, afin de justifier les raisons pour lesquelles il estime devoir prononcer une peine d’emprisonnement sans sursis.

III.-Le 3° du I est également applicable lorsque la durée totale de l’emprisonnement ferme prononcé par le tribunal correctionnel est supérieure à un an.

IV.-Lorsqu’il décerne un mandat de dépôt à effet différé, le tribunal correctionnel peut, dans les cas prévus aux articles 397-4,465 et 465-1, assortir ce mandat de l’exécution provisoire. » 

Cette nouvelle possibilité offerte au tribunal correctionnel semble répondre à plusieurs impératifs :

  • La situation personnelle du condamné,
  • La problématique du taux d’occupation des prisons dont il parait difficile de mesurer l’évolution à venir.

En pratique, rendez-vous sera pris devant le procureur de la République soit en fin d’audience soit postérieurement afin de mettre à exécution le mandat de dépôt prononcé par le tribunal correctionnel.

Ce délai permettrait à certains condamnés de régler plusieurs situations, personnelle ou professionnelle, avant de se voir écrouer.

A ce jour, il est encore trop tôt pour savoir si les tribunaux se serviront régulièrement de cette possibilité qui leur est offerte tant celle-ci semble s’appliquer uniquement pour certains types de prévenus aux situations spécifiques.

Toutefois, Me Manuel ABITBOL, avocat en droit pénal et en procédure pénale, ne peut donc que vous inciter prendre attache avec un avocat afin d’explorer toutes les éventualités d’une éventuelle condamnation.