Droit pénal douanier

Les contrôles douaniers étant actuellement légion, le cabinet de Me Manuel ABITBOL vous propose un article sur le droit pénal douanier.

En effet, il serait un tord de considérer la matière douanière d’un point de vue uniquement financier. Le risque pénal est bien présent et de nombreux délits existent en la matière. Il convient d’analyser les deux principaux délits douaniers que sont :

  • La contrebande
  • Le blanchiment

L’article 414 du Code des douanes dispose :

« Sont passibles d’un emprisonnement de trois ans, de la confiscation de l’objet de fraude, de la confiscation des moyens de transport, de la confiscation des objets servant à masquer la fraude, de la confiscation des biens et avoirs qui sont le produit direct ou indirect de l’infraction et d’une amende comprise entre une et deux fois la valeur de l’objet de fraude, tout fait de contrebande ainsi que tout fait d’importation ou d’exportation sans déclaration lorsque ces infractions se rapportent à des marchandises de la catégorie de celles qui sont prohibées au sens du présent code ou aux produits du tabac manufacturé.

La peine d’emprisonnement est portée à une durée maximale de cinq ans et l’amende peut aller jusqu’à trois fois la valeur de l’objet de fraude lorsque les faits de contrebande, d’importation ou d’exportation portent sur des biens à double usage, civil et militaire, dont la circulation est soumise à restriction par la réglementation européenne.

La peine d’emprisonnement est portée à une durée de dix ans et l’amende peut aller jusqu’à dix fois la valeur de l’objet de la fraude soit lorsque les faits de contrebande, d’importation ou d’exportation portent sur des marchandises dangereuses pour la santé, la moralité ou la sécurité publiques, dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé des douanes, soit lorsqu’ils sont commis en bande organisée. »

Les principaux dossiers de contrebande portent principalement sur du tabac (tabac à chicha ou cigarettes) ou des armes.

Toutefois, des produits plus exotiques peuvent faire l’objet de procédures douanières dès lors que lesdits produits sont interdits sur le territoire ou présentent certains types de risques visés supra.

Concernant le blanchiment douanier, l’article 415 dudit code dispose :

« Seront punis d’un emprisonnement de dix ans, de la confiscation des sommes en infraction ou d’une somme en tenant lieu lorsque la saisie n’a pas pu être prononcée, de la confiscation des biens ayant servi à commettre l’infraction ou qui étaient destinés à la commettre, de la confiscation des biens et avoirs qui sont le produit direct ou indirect de l’infraction et d’une amende comprise entre une et cinq fois la somme sur laquelle a porté l’infraction ou la tentative d’infraction ceux qui auront, par exportation, importation, transfert ou compensation, procédé ou tenté de procéder à une opération financière entre la France et l’étranger portant sur des fonds qu’ils savaient provenir, directement ou indirectement, d’un délit prévu au présent code ou portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union européenne, ou d’une infraction à la législation sur les substances ou plantes vénéneuses classées comme stupéfiants.

L’amende prévue au premier alinéa peut aller jusqu’à dix fois la somme sur laquelle a porté l’infraction ou la tentative d’infraction lorsque celle-ci est commise en bande organisée. »

Il convient d’attirer votre attention sur les peines d’amende douanière venant se cumuler aux peines d’emprisonnement.

En effet, ces amendes douanières peuvent représenter plusieurs millions d’euros très rapidement et devenir un remboursement à vie pour le condamné.

Ces sommes sont d’autant plus importantes qu’elles sont calculées sur la base de la valeur marchande du produit et non sur le prix d’achat.

A titre d’exemple, si le kilo de tabac à chicha de contrebande est acquis 20 euros mais a une valeur marchande de 200 euros, le prix initial afin de calculer l’amende douanière sera fixé sur la base de 200 euros le kilo.

C’est pourquoi, Me Manuel ABITBOL, avocat en droit pénal et en procédure pénale, ne peut que vous inciter à faire appel à un avocat afin de préparer utilement votre défense et faire valoir vos droits, la matière douanière étant particulièrement technique.