Corruption : Arnaud Mimran entendu par la police

Le financier flambeur, qui purge une peine de 8 ans de prison, a été placé en garde à vue mardi dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de corruption dans les rangs de la police.

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Selon les informations de LCI, Arnaud Mimran, financier à la réputation sulfureuse, a été extrait de sa cellule de la maison d’arrêt de Fresnes et placé en garde à vue mardi 13 septembre dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de corruptions policières. Le 7 juillet dernier, il avait été condamné à 8 ans de prison dans une vaste affaire d’escroquerie à la taxe carbone portant sur 283 millions d’euros. Parallèlement à cette garde à vue, trois policiers de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCCO) auraient également été entendus par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) ainsi qu’une personne présentée comme un « indic ». De quoi alimenter un peu plus les forts soupçons de corruption policière qui planent au-dessus des affaires de taxe carbone.

Arnaud Mimran arrives at the Paris courthouse on July 7, 2016 for deliberations in his trial over an alleged carbon tax scam. Mimran is one of the main defendants in a trial over an alleged scam amounting to 283 million euros involving the trade of carbon emissions permits and the taxes on them. / AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

L’institution policière secouée

Ces auditions font suite à l’enquête de l’IGPN ouverte le 13 juillet dernier pour « corruption », « trafic d’influence », « violation du secret » et « recel » après la publication d’enregistrements téléphoniques par Mediapart. Ces derniers avaient fait l’effet d’une petite bombe au sein de l’institution policière. Sur les bandes qui remontent probablement à février 2014, une personne se présentant comme un policier proposait à Avi Ben Ezra, un proche de Cyril Astruc, mis en examen dans plusieurs affaires d’escroquerie à la TVA sur les quotas de carbone et alors en détention provisoire, de rapidement faire sortir ce dernier de prison en échange d’une rétribution. Dans ces conversations, le rôle d’Arnaud Mimran que l’interlocuteur de Avi Ben Ezra semble bien connaître et appelle « Arnaud » posait question. Présent à l’aéroport de Roissy le jour de l’arrestation de Cyril Astruc en janvier 2014, Mimran aurait été autorisé par des policiers de l’OCLCCO à s’entretenir avec Astruc pendant une dizaine de minutes et aurait ensuite suivi les policiers en moto taxi jusqu’à leurs bureaux.

A la suite de ces révélations, Manuel Abitbol et Philippe Ohayon, les deux avocats de Grégory Zaoui, autre protagoniste de l’escroquerie à la taxe carbone, mis en examen dans plusieurs dossiers, avaient demandé le dessaisissement de l’ensemble des services de police judiciaire en charge de l’exécution des commissions rogatoires. En effet, leur client et Cyril Astruc se renvoient la responsabilité dans le dossier Crépuscule. Dans leur requête, les deux avocats demandaient également l’audition de Cyril Astruc et de l’ancien patron de l’OCLCCO, Franck Douchy. Selon nos informations, le 5 août dernier, le juge chargé de l’instruction, Guillaume Daieff avait rejeté ces demandes affirmant que les douanes judiciaires étaient le seul service saisi dans le dossier et « qu’en l’état rien ne permet de dire si l’interlocuteur d’Avi Ben Ezra est un fonctionnaire de l’Etat ». Les auditions de cette semaine laissent penser que l’IGPN compte bien répondre à cette question.